Présentation du projet
Contexte de mise en oeuvre
Au Burkina Faso les femmes font face à des inégalités profondes, et sont particulièrement touchées par les inégalités économiques, sociales, environnementales, renforcées par des instabilités sécuritaires et politiques persistantes. En 2020, ces inégalités ont été exacerbées par la crise sanitaire de 2020 qui a fortement affecté le taux de croissance du pays (passant de 8% à 1,9% selon la Banque Mondiale).
Selon la Banque Mondiale en Afrique de l’Ouest, les femmes sont entreprenantes et plus nombreuses que les hommes à se lancer dans l’entrepreneuriat. Pour autant les femmes sont plus particulièrement touchées par les inégalités économiques : plus représentées dans le secteur informel, plus de difficultés à générer des bénéfices (moins d’employés, enregistrent des ventes moyennes plus faibles et créent moins de valeur ajoutée), à accéder à un emploi salarié, et subissent davantage les inégalités de revenus ou d’accès à des biens fonciers.
Depuis 2019, Empow’Her et la Fondation de l’Occitane se sont données la main pour contribuer à l’amélioration des conditions des femmes à travers l’acquisition de compétences dans différents métiers dont ceux de l’artisanat. Avec le projet Bloom spécifiquement dédié aux métiers de l’artisanat démarré en juin 2021 pour prendre fin en juin 2025, c’est environs 440 femmes vulnérables dont 66 PDI (personnes déplacés internes) accompagnées avec 220 femmes ayant acquis de nouvelles compétences dans les métiers comme l’électricité bâtiment, l’énergie solaire, la broderie, la menuiserie et la coiffure.
Malgré les progrès réalisés grâce au programme BLOOM, plusieurs défis ont mis en évidence la nécessité de consolider les acquis et d’aller plus loin. Certaines bénéficiaires rencontrent des difficultés d’accès au financement, au matériel ou à un espace de travail, et risquent de se décourager sans accompagnement continu. Le renforcement des réseaux, la pérennisation des compétences acquises et la prise en compte d’un contexte parfois marqué par des défis sociaux, familiaux ou sécuritaires se sont également révélés essentiels.
C’est dans cette logique que BLOOM+ a été conçu : pour assurer un suivi renforcé, garantir la durabilité des résultats et accompagner les femmes vers une autonomie plus solide et durable.
Résumé du projet
BLOOM est un programme qui vise à former les femmes vulnérables et femmes déplacées internes de Bobo Dioulasso et Léo aux métiers de l’artisanat grâce à un accompagnement technique via des maîtres artisans et instituts de formation, un soutien psychologique pour les femmes déplacées internes, suivi d’un accompagnement à l’entrepreneuriat et à l’insertion professionnelle.
Il concerne les femmes vulnérables et les femmes déplacées internes de ces villes n’ayant pas eu accès à des mécanismes de formation dans les métiers de l’artisanat identifiés ou souhaitant monter en expertise dans l’un des domaines avec des ambitions entrepreneuriales ou axés vers l’employabilité dans ce secteur.
Objectif et résultats du projet
Objectif général : Le projet vise à contribuer à la réduction des inégalités de revenu et renforcer l’autonomisation et l’insertion professionnelle et entrepreneuriale des femmes au Burkina Faso et plus spécifiquement dans les régions des Hauts bassins et du Centre Ouest.
Objectifs spécifiques :
OS1 – Permettre aux femmes vulnérables et déplacées internes de Bobo dioulasso et Léo d’acquérir les connaissances techniques et professionnelles pour s’insérer dans des métiers porteurs de l’artisanat
OS2 – Accompagner les femmes dans leur processus d’insertion professionnelle et entrepreneuriale à travers le développement d’une activité génératrice de revenu ou l’employabilité dans les métiers de l’artisanat identifiés
Résultats attendus
Les résultats suivants étaient attendus au terme de la mise en œuvre du projet :
Objectifs de l’évaluation
La mission a pour objectif d'évaluer le projet Bloom par rapport aux objectifs et aux résultats attendus du projet. Elle visera en premier lieu à apprécier la performance du projet vis-à-vis des critères définis par le CAD/OCDE (pertinence, efficacité, impact et durabilité/viabilité).
L’analyse de ces critères d’évaluation devra tenir compte plus spécifiquement des questions évaluatives suivantes, qui guideront la réflexion de façon transverse :
Analyse globale
Proposition de thématiques à approfondir
Dans quelle mesure l’orientation des bénéficiaires vers des métiers traditionnellement masculins (soudure, carrelage, électricité, etc.) relève-t-elle d’un choix individuel libre et éclairé, ou résulte-t-elle de l’influence de l’environnement social, des équipes du projet, d’autres acteurs, voire d’une reproduction des assignations vers des métiers traditionnellement féminins.
Dans quelle mesure l’orientation des bénéficiaires vers les métiers traditionnellement masculins (soudure, carrelage, électricité, etc.) résulte-t-elle d’un choix individuel éclairé, ou d’une influence exercée par l’environnement social, les équipes du projet ou d’autres acteurs ou les métiers traditionnellement féminin?
Parmi les filières professionnelles proposées dans le cadre du projet, quelles sont celles qui ont démontré le plus fort potentiel en termes d’opportunités économiques, d’accès au marché, de création d’activités ou de génération de revenus pour les bénéficiaires ?
Quel est le taux de transition des bénéficiaires entre :
Dans quelle mesure les compétences techniques et professionnelles transmises aux bénéficiaires répondent-elles aux exigences actuelles du marché local et aux attentes des employeurs, clients ou autres acteurs économiques ?
Dans quelle mesure le modèle d’entrepreneuriat solidaire individuel se révèle-t-il plus performant que l’entrepreneuriat en groupe, ou inversement, en termes de viabilité économique, gouvernance, résilience et pérennité des activités ?
Les revenus générés par les activités économiques des bénéficiaires permettent-ils, de manière effective et durable, de couvrir leurs besoins essentiels et de contribuer à leur autonomie financière ?
Quels sont les facteurs facilitant ou limitant la transition des bénéficiaires vers un emploi ou une activité génératrice de revenus après la formation (ex. environnement économique, contraintes socio-culturelles, accès à des outils de production, accompagnement post-formation, mobilité, présence ou absence de soutien de l’entourage etc.) ?
Quels sont les obstacles supplémentaires, qui entravent l’insertion professionnelle ou l’entrepreneuriat des bénéficiaires notamment l’accès au capital de départ, la faiblesse des réseaux professionnels, le manque de confiance en soi, ou encore les charges familiales et domestiques ?
Dans quelle mesure les actions de sensibilisation menées auprès des communautés ont-elles contribué à la diminution des violences basées sur le genre (VBG) au sein des ménages ? Si les sensibilisations ne constituent pas le principal levier de changement, quelles autres interventions pourraient s’avérer plus efficaces dans la prévention et la réduction des VBG
Quels changements significatifs observe-t-on dans la manière dont les communautés perçoivent la participation des femmes aux métiers dits “masculins” (ex. soudure, électricité, mécanique, etc.)
Les bénéficiaires ayant bénéficié d’un accompagnement psycho-social démontrent-elles une meilleure persévérance dans leurs activités et une plus grande stabilité socio-économique par rapport à celles qui n’en ont pas bénéficié?
Quels besoins psychologiques essentiels des bénéficiaires restent encore non satisfaits ou insuffisamment pris en charge par les interventions actuelles ?
Dans quelle mesure les responsabilités liées à la maternité influencent-elles positivement ou négativement la participation des femmes aux activités économiques et à leur insertion professionnelle ?
L’accès à l’assistance maternelle constitue-t-il aujourd’hui un levier essentiel ou un frein majeur pour l’entrepreneuriat des femmes ?
Quelles autres charges familiales ou domestiques constituent des obstacles significatifs à la participation des femmes à des activités économiques ou entrepreneuriales ?
Quel type de dispositif d’assistance maternelle serait le plus efficace pour la prise en charge des enfants, tout en permettant aux mères de s’engager durablement dans leurs activités économiques ?
Dans quelle mesure le projet a-t-il contribué à l’amélioration des relations au sein des ménages, notamment entre conjoints, entre mères et enfants, et au sein des familles élargies ?
Quels changements significatifs sont observables chez les femmes bénéficiaires en termes de :
Quels effets secondaires ou inattendus ont pu émerger suite à l’intervention du projet, tels que :
Analyse sur l’implication des acteurs
La collecte et l’analyse des différentes informations, contribueront par la suite à l’élaboration du rapport final du projet reprenant les différentes réalisations, les résultats principaux obtenus, les partenaires mobilisés, l’impact du projet sur les bénéficiaires et sur l’écosystème, les difficultés rencontrées, les leçons apprises et les bonnes pratiques développées, les recommandations pour une réplication du projet.
Période couverte par l’évaluation
L’évaluation concerne les quatres de vie du projet soit de Juin 2021 à Juillet 2025 et les neuf mois de consolidation allant de Juillet 2025 à Mars 2026.
Méthode et approche du travail d’évaluation
Le travail d’évaluations’appuiera sur une démarche en trois étapes :
Il est demandé au consultant.e d’associer étroitement Empow’her à la construction de son raisonnement, par des liens réguliers tout au long de la mission, de la note de cadrage jusqu’à la réunion de présentation du rapport provisoire. En particulier, un partage des constats et des premiers éléments d’analyse doit se faire dès la fin de la mission, avant la rédaction du rapport provisoire.
Structurer la démarche évaluative
Dans cette première phase, le.la consultant.e devra :
A partir de ce travail, le consultant proposera une note de cadrage de l’évaluation (qui ne devra pas excéder 15 pages) après le démarrage de ses travaux.Cette note de cadrage fera l’objet d’un échange avec l’équipe de coordination du projet afin de discuter de la manière dont le consultant entend structurer la démarche d’évaluation et d’en vérifier la faisabilité. Une attention particulière sera portée sur la capacité du consultant à mobiliser des sources diverses, et à porter un regard critique sur leurs fiabilités.
Eléments de méthode
Pour cette évaluation, il est attendu un travail de recueil de données qualitatif, basé sur des entretiens semi-directifs, de l’observation et/ou des focus group, avec des bénéficiaires du projet, les agents du projet, (Point focal, Formatrices, chef de projet) ainsi que l’entourage (les partenaires ainsi que la famille). Les données quantitatives concernant le suivi du projet devront aussi être collectées et analysées.
Le consultant proposera dans l’offre technique une première proposition de méthode (observations, entretiens, focus group, etc.), des critères d’échantillonnage. La note de cadrage permettra de préciser et affiner cette proposition.
Après avoir exposé ses observations, effets et impacts après évaluation, puis formulé ses constats et porté des jugements sur le projet à chaque critère d’évaluation, le consultant devra livrer ses conclusions générales de façon à porter une appréciation d’ensemble sur l’intervention évaluée. Ces conclusions doivent être hiérarchisées par ordre de priorité.
Le consultant identifiera des leçons et/ou des recommandations stratégiques et/ou opérationnelles.
Compétences requises pour mener l’évaluation
Cette consultation s’adresse aux bureaux d’étude/recherche et ou à un/une consultant(e) indépendant(e) expérimenté(e).
Les compétences requises pour réaliser cette évaluation sont les suivantes :
Essentiel :
Atout :
Dans le cas où une équipe d’évaluateurs était proposée, la complémentarité des profils des experts sera un élément déterminant du processus de sélection. L’équipe proposée devra présenter dans l mme/femme.
Le bureau d’études ou le consultant mobilisé pour la prestation ne doivent pas avoir de liens avec les parties prenantes qui soient susceptibles d’interférer dans le processus d’évaluation et de mettre en doute l’impartialité et l’objectivité de ses conclusions.
Mesures éthiques
Dans le cadre de chaque évaluation, Empow’Her s’engage à respecter certaines mesures éthiques. La prise en compte de ces mesures dans l’offre technique est impérative et le consultant devra s’assurer du respect de ces principes tout au long du processus de l’évaluation et notamment durant les missions terrains, de collecte et d’analyse des données :
Ces mesures pourront être adaptées à l’issue du rapport de démarrage
Durée de l’évaluation
La durée totale pour la réalisation de cette évaluation est estimée de 30 jours de travail, à affiner en fonction des propositions. Le/la consultant(e) ou le bureau d’étude sélectionné devra proposer un plan de travail détaillé dans sa note de cadrage, faisant apparaître clairement les différentes phases de l’évaluation, en particulier les différentes étapes de compte-rendu provisoire et final.
La prestation débutera après signature du contrat entre le/la consultant(e)/bureau d’étude et Empow’Her Global. La date de démarrage est prévue le 05 Février.
La prestation inclura : i) une réunion de lancement*,* ii) une réunion de validation de la note de cadrage, iii) une mission de terrain, iv) une réunion de débriefing de la mission de terrain et, v) une réunion de restitution des conclusions aux équipes siège et terrain d’Empow’Her Global (voire à certaines parties prenantes selon le besoin).
Livrables
Note de cadrage
A l’issue de la phase de structuration de la démarche évaluative, le consultant produira une note de cadrage de l’évaluation. Cette note de cadrage devra être validée par Empow’Her Global avant la poursuite des travaux.
Rapport final provisoire
Un rapport final provisoire qui ne devra pas dépasser 50 pages hors annexes sera produit à l’issue des travaux du consultant ainsi qu’un support de présentation sous format Powerpoint (qui sera présenté lors d’une réunion avec les équipes). Empow’Her Global formulera ses remarques et observations au consultant dans les deux semaines suivant la réception du rapport provisoire.
Rapport définitif
Le rapport définitif, intégrant ces observations, devra être disponible dans les 15 jours suivant la réception des commentaires. Si ces observations expriment des différences d’appréciation non partagées par les consultants, celles-ci peuvent être annexées au rapport définitif et commentées par les consultants*.*
Le rapport d’évaluation ne devra pas excéder 40 pages, hors annexes. Il sera accompagné d’une synthèse de 4 pages. Cette synthèse reprendra les principales conclusions, leçons et recommandations du rapport.
Les offres devront inclure :
Remise des offres
Les offres devront être envoyées avant le 26 janvier 2026, Les répondant.e.s à l’appel d’offre devront soumettre un dossier de candidature comprenant une offre technique et une offre financière.
Le dossier de candidature devra être soumis par voie électronique en un seul fichier avec la mention “AO évaluation externe projet BLOOM’’ à l’adresse suivante : karine.ouave@empow-her.com et mathilde.careau@empow-her.com
Modalités d’évaluation des offres
Empow’Her sélectionnera l’offre qui présente le meilleur rapport qualité-prix, utilisant une pondération entre la qualité technique et le prix des offres.